Les associations de parents d’élèves et d’enseignants et les commissions scolaires peuvent paraitre normales pour beaucoup, mais dans certaines parties du monde, les familles n’ont pas leur mot à dire en ce qui concerne l’éducation de leurs enfants.

Le CCM œuvre à changer cela.

Le CCM commence à soutenir les comités de gestion d’école (CGE) au Zimbabwe, en Zambie, au Kenya, au Népal, au Cambodge et en Inde. Ces comités contribuent à l’amélioration de la qualité de l’éducation, représentent diverses personnes qui interviennent dans les écoles, élargissent le pouvoir de décision et améliorent le sentiment d’appropriation et de responsabilisation. 

Les élèves Brian Nyamwea (à gauche) et Felistus Domnic rient d’une phrase drôle pendant une séance de révisions à l’académie Mukuru Mennonite à Embakasi à Nairobi au Kenya. Les partenaires du CCM et l’église Embakasi Mennonite aideront à financer les salaires pour l’école et des déjeuners et diners nutritifs dans ce quartier informel situé en bordure de Nairobi. La coordonnatrice du CCM chargé de l’éducation au Kenya travaille en collaboration avec des enseignants afin d’élaborer des outils d’apprentissage à l’intention des enfants, des comités de gestion d’école, et des systèmes efficaces de protection de l’enfance. Le CCM photo/Jodi Mikalachki

Lynn Longenecker est coordonnatrice du CCM en matière d’éducation et elle déclare que ces comités permettent au CCM de soutenir la participation des familles à la vie des écoles.

« Les comités de gestion d’école ne sont pas tout à fait une nouvelle idée, mais c’est un nouveau concept dans le contexte de la plupart des endroits où nous travaillons », explique Longenecker. « Les parents voient souvent l’école comme un domaine séparé, surtout si eux-mêmes n’ont pas fait beaucoup d’études. Dans les comités de gestion d’école, ils peuvent comprendre ce qui se passe à l’école et peuvent se faire entendre. »

Le projet d’éducation rurale par le biais de Sansthagat Bikas Sanjal (SBS) au Népal, avec deux comités de gestion d’école en est un exemple. Le CCM soutient ce projet depuis huit ans.

Selon Bal Krishna Maharjan, directeur général de SBS, les comités de gestion d’école étaient courants dans les écoles népalaises pendant de nombreuses années, mais jusqu’en 2001, les membres étaient triés sur le volet par les bureaucrates ou les politiciens locaux.

« Il y avait peu de chance, sinon aucune, que les parents ou des membres de la communauté locale soient représentés à ces comités » dit-il.

Bal Krishna Maharjan parle aux membres du comité de gestion d’école à l’école secondaire Janajagriti. Derrière lui sont assises Sanchita Thapa, une enseignante, et Manu Thapa, parente de deux enfants qui fréquentent l’école. Le CCM photo/Lynn Longenecker

En 2001, le gouvernement a apporté des modifications à la législation pour accroitre la participation de la communauté, mais dans beaucoup d’écoles publiques, les comités de gestion d’école n’existent que de nom. Des organisations comme SBS offrent des formations et du soutien pour aider les comités à jouer leur rôle de manière plus efficace. Ainsi, les comités de gestion d’école peuvent mieux comprendre leur rôle dans l’amélioration de l’école; plaider auprès du bureau à l’éducation au niveau du district ; aider à la planification et à la surveillance du plan d’amélioration des écoles sur cinq ans, et veiller à ce que ce plan comprenne le financement de la formation des enseignants et l’amélioration des infrastructures.

Manu Thapa a deux enfants qui fréquentent l’école secondaire Janajagriti dans le district de Dhading au Népal, et elle vient juste de commencer à siéger au comité de gestion de l’école, un des comités soutenus par SBS. Elle est déterminée à rendre cette école meilleure.

« Je viens d’être élue pour siéger au comité, et d’ici la fin de mon mandat, je veux sentir que les choses s'améliorent dans cette école, que quelque chose a changé. Je veux que cette école soit un modèle pour les autres écoles » dit-elle.  

« Je viens et je visite cette école presque tous les jours. Si quelque chose ne va pas, j’en parle au directeur. J’ai hâte d’approfondir mes connaissances et de contribuer à rendre cette école meilleure. »

Pour le CCM, la décision de commencer à promouvoir les comités de gestion d’école a commencé au Zimbabwe.  

Les élèves se rassemblent et étudient sous un arbre à l’école secondaire Mupambe au Zimbabwe. L’école secondaire Mupambe est l’une des sept écoles de la province de Matabeleland au nord soutenues par le CCM et bénéficie d’un comité de gestion d’école. Le CCM/photo/Matt Sawatzky

Lorsque les parents et les enseignants de l’école se sont inquiétés du fait que le directeur avait trop d’autorité lui permettant de décider de l’allocation des fonds, l’équipe du CCM a commencé à encourager les écoles qui recevaient de l’argent du CCM à mettre en place des comités pour décider comment et où l’argent devait être dépensé.

Cela a fait une grande différence, selon l’agent de programme éducatif du CCM au Zimbabwe, Tinodashe Gumbo. Le CCM soutient désormais 12 écoles ayant des comités de gestion d’école dans le pays. Parmi les participants, on compte des administrateurs d’école, des enseignants, des parents et des responsables communautaires et religieux.

« Les comités ont créé un sentiment d’appropriation des écoles dans la communauté et la transparence quant à la gestion des fonds puisque les membres de la communauté participent à la planification, à la surveillance et à l’évaluation du processus de subventions que le CCM attribue à l’école », déclare Gumbo.

Le soutien des parents a facilité la gestion des écoles par les administrateurs et a aidé à sensibiliser la communauté aux projets de développement des écoles.

« Les comités de gestion d’école jouent un rôle majeur dans la sensibilisation de la communauté à payer les frais de scolarité, à fournir du matériel local pour des projets de construction et de réparation, pour des travaux en tant que groupe de défense des abus contre les enfants dans la région », ajoute-t-il.

Selon Longenecker, les comités de gestion d’école aident à redonner un pouvoir à la population locale.

« Dans certaines communautés, l’éducation peut sembler être enracinée dans le colonialisme. Donc, le fait de donner la responsabilité aux parents et aux responsables de la communauté de participer aux comités de gestion des écoles où ils peuvent avoir une influence considérable sur les décisions prises concernant leurs écoles est vraiment un changement puisant et radical. Dans le meilleur des cas, les comités aident les parents à voir et à façonner l’école comme (notre école pour nos enfants), plutôt que de la voir comme une institution qui leur est étrangère » explique-t-il.

Le CCM continue de soutenir les comités de gestion des écoles dans le cadre de son approche de partenariat au développement mettant l’accent sur la participation de la communauté et l’établissement de relations. 

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