Ana Laizer and Paulina Sumayani
MCC photo/Tiffanee Wright

Ana Laizer, à droite, avec Paulina Sumayani, directrice de TEMBO. Laizer a participé au programme Sara et Juma à son école et elle a décidé qu’elle ne voulait pas subir de mutilation génitale féminine ou être mariée à un jeune âge.

Ana Laizer est une élève de neuvième année à Longido en Tanzanie qui rêve d’aller à l’université pour devenir une femme d’affaires prospère.

Pour beaucoup de filles de l’âge de Laizer, ce rêve ne deviendra jamais réalité.

L’accès à l’éducation ne se limite pas seulement aux frais de scolarité et aux uniformes, mais est aussi lié à des attentes culturelles selon lesquelles les jeunes filles arrêtent d’aller à l’école après la sixième année et prennent plutôt part à des rites culturels pour les préparer au mariage. Les mutilations génitales féminines (MGF) sont une pratique culturelle courante en Tanzanie et dans d’autres pays au monde. De jeunes filles subissent parfois des MGF, un processus qui consiste à enlever une partie, ou la totalité, des organes génitaux externes d’une fille. Cette procédure dangereuse peut causer de graves dommages physiques et émotionnels, ou même la mort. Pour les filles qui y survivent, le mariage est la prochaine étape, et terminer l’école n’est pas envisageable.

Le partenaire du MCC, Tanzania Education and Micro Business Opportunity (TEMBO) Trust, (fiducie tanzanienne pour l’éducation et la micro-entreprise), enseigne aux élèves de cinquième année, la santé reproductive et les effets nocifs des MGF grâce au programme intitulé « Sara et Juma ». Ce programme permet d’encourager les familles à garder leurs filles à l’école en organisant des camps de mentorat pendant la pause entre la sixième et la septième année.

Paulina Sumayani, directrice générale de TEMBO, affirme que c’est un défi pour certaines communautés Maasai, car ces dernières ne reconnaissent pas qu’une fille est devenue une femme ou a atteint l’âge adulte à moins qu’elle ne soit circoncise. 

« j’aimerais voir tout le monde recevoir une instruction comme moi, et quand j’atteindrai mes objectifs, si Dieu m’y aide, j’aimerais voir d’autres personnes être fières de leurs accomplissements comme je le serai. » — Ana Laizer

« Les gens les pratiquent (MGF) depuis tant d’années, il n’est donc pas facile de dire à quelqu’un de changer cette pratique et de faire autre chose à la place. C’est un processus très lent, mais il évolue » explique-t-elle.

TEMBO encourage des rites de passage alternatifs pour marquer le passage à l’âge adulte, notamment rassembler la communauté, éduquer la fille concernant son corps et offrir des présents comme cela se ferait si elle était circoncise.

Sumayani déclare que le travail effectué par TEMBO permet de sauver des vies et de rendre des gens autonomes en Tanzanie, mais sans le soutien financier du MCC, le personnel ne pourrait pas atteindre les communautés rurales de la Tanzanie où les MGF sont plus courantes.

« Le MCC nous soutient pour que nous puissions atteindre des lieux où nous ne pouvons pas aller de nous-mêmes parce que notre budget ne nous permet pas de le faire », ajoute-t-elle.  

L’histoire d’Ana Laizer est une réussite, déclare Sumayani.

Lorsque Laizer a raconté à ses parents les effets nocifs des MGF, ils ont soutenu son choix de ne pas subir cette procédure. Ses parents sont fiers de sa réussite scolaire, et le père de Laizer a décidé que toutes ses filles continueront leurs études.

Lorsqu’on a demandé à Laizer quels changements elle aimerait voir dans sa communauté, elle a répondu « j’aimerais voir tout le monde recevoir une instruction comme moi, et quand j’atteindrai mes objectifs, si Dieu m’y aide, j’aimerais voir d’autres personnes être fières de leurs accomplissements comme je le serai. »

Sumayani déclare qu’il est rare que des parents soient aussi encourageants, mais elle voit l’espoir dans le nombre croissant de jeunes filles qui refusent les MGF et le mariage à un jeune âge.

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