Photo transmisé par Minear Mak

Minear Mak, prend un selfie durant une ballade avec sa famille d’accueil dans la vallée de Cocora, Colombie.

 

Cette histoire a été écrite en février 2020, avant que la pandémie de COVID-19 ne deviennent une menace mondiale. À date d’avril 2020, Minear est toujours à son poste YAMEN. Elle est régulièrement informée par le MCC et la CMM de l’évolution des mesures prises par le gouvernement. Certains participants YAMEN sont rentrés chez eux plus tôt que prévu mais d’autres sont toujours à leur poste de service. Le MCC et la CMM appliqueront les recommandations émises par les États et les autorités de santé en ce qui concerne les postes de l’année prochaine. 

Un soir, quelques mois après être arrivée à Cali, Colombie, Minear Mak s’est attablée avec sa famille d’accueil qui avait préparé des spaghettis pour le diner. Quelle ne fut pas sa surprise de constater qu’ils s’apprêtaient à les manger avec leurs fourchettes !

Minear Mak, qui est née et a grandi au Cambodge, ne pouvait pas concevoir que l’on mange un plat à base de nouilles avec n’importe quoi d’autre que des baguettes. Elle décréta qu’un cours de maniement des baguettes s’imposait. La soirée fut remplie de rires et de nouilles tombées au sol pour finir par une certaine maitrise des baguettes. C’est ainsi que Minear Mak partagea un peu de sa culture, de sa vie, avec sa famille colombienne.

C’était exactement le genre d’expérience interculturelles que Minear Mak avait imaginé lorsqu’un ami de son église, Phnom Penh Mennonite Church, lui avait conseillé de faire une année avec le Réseau mondial d’échange de jeunes anabaptistes (YAMEN).

YAMEN donne aux jeunes adultes du monde entier la possibilité de quitter ce qu’ils connaissent pour servir pendant un an, apprendre et grandir en occupant un poste à l’étranger.

YAMEN est un programme commun du Comité Central Mennonite (MCC) et de la Conférence Mennonite Mondiale

Minear Mak est postée au Colegio Américas Unidas (École des Amériques Unies) à Cali, une école fondée par des missionnaires frères mennonites en 1966. Elle nous a dit que travailler en tant qu’assistante, aider à préparer les leçons et aider les élèves était une expérience riche et gratifiante.

« J’aime donner de mon temps aux élèves qui ont du mal à se motiver pour apprendre et à ceux qui sont très réservés et lents dans leur travail. J’adore donner des high-five aux enfants et voir qu’ils se sentent si fiers, » raconte-elle.  

Minear Mak, participante YAMEN du Cambodge, lors de sa première visite à Iglesia Filadelfia, la paroisse qu’elle et sa famille d’accueil fréquentent.Photo transmisé par Minear Mak

« J’ai également animé des jeux et des activités pour les plus grands pour améliorer leur compréhension et leur expression [en anglais]. C’est amusant pour moi et précieux aussi parce que je ne parle pas encore bien espagnol et cela m’aide à tisser des liens. » 

Manger avec des baguettes plutôt qu’avec une fourchette n’est de loin pas la seule différence culturelle entre le Cambodge et la Colombie. En Colombie, avec sa famille d’accueil et en allant à leur église frère mennonite, Iglesia Filadelfia, Minear Mak s’est rendue compte de ce qui était important pour elle et de ce sur quoi elle voulait construire son identité : sa foi.

« La question n’est pas d’être Asiatique ou Latina, mais plutôt d’être une femme qui orne la beauté du Christ, qui ne se conforme pas au monde mais qui en est le sel et la lumière. C’est une transformation mutuelle : je change et ceux que je rencontre changent également. »

Et cette transformation a déjà commencé selon Minear Mak.

« C’est un privilège que de comprendre l’appel de Dieu pour ma vie grâce aux personnes avec lesquelles je travaille, je vis et que je côtoie. Que ce soient des collégiens, une femme célibataire, une mère qui travaille, un missionnaire, une enseignante, une femme au foyer, un passant ou un passager dans le bus. J’ai beaucoup appris ; à être patiente et à me réjouir de la journée que le Seigneur a faite. Je me transforme en la femme que Dieu m’appelle à être. »

Communiqué commun de la Conférence Mennonite Mondiale et du Comité Central Mennonite par Jason Dueck, rédacteur pour le Mennonite Central Committee Canada, il vit à Winnipeg.